Steve Jobs - Sa dernière interview en France
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La première une de ce soir, vous ne connaissez peut-être pas cet homme et pourtant il a changé notre vie et il va continuer à le faire.
La révolution Steve Jobs, c'est tout de suite.
Il ne parle quasiment jamais à la télévision et d'après ce qu'on nous a dit, jamais en direct.
Nous sommes très heureux d'accueillir ce soir monsieur Steve Jobs. Bonsoir.
Bonsoir.
En exclusivité, merci pour l'info.
Alors, au début des années 80 en Californie, vous avez été le père de l'ordinateur individuel, vous avez révolutionné notre vie.
C'est vous qui avez créé le Macintosh, qui avez créé la société Apple que vous présidez aujourd'hui.
Et vous continuez, vous le visionnaire, à inventer de nouvelles choses, notamment un jukebox géant sur Internet
qui permettra pour tous ceux qui ne veulent pas payer 20 ou 30 euros pour acheter un album, un disque,
eh bien de charger directement pour 1 euro un titre.
On en parlera dans un instant, mais déjà, en Californie, dans votre maison, avec votre femme et vos trois enfants, vous avez combien d'ordinateurs chez vous ?
Trois.
Trois.
Et combien ?
Cinq iPods.
Cinq iPods.
Cinq iPods. Alors, on en parlera de l'iPod, c'est un nouveau baladeur, effectivement, qui permet de télécharger directement la musique.
Donc, plus d'iPod que d'ordinateur. Et combien de temps passez-vous chaque jour sur votre ordinateur ?
Oh la la, between email, maybe...
With email, maybe in all, I don't know, 2-3 hours a day.
2-3 hours a day.
2-3 hours a day.
Alors, pour ceux qui ne connaissent pas bien Steve Jobs,
je vous propose de regarder en quelques minutes
comment il a déjà, depuis des années, changé notre vie
et comment il va continuer à le faire.
Une présentation par Steve Jobs,
ça commence un peu comme un concert de rock.
Jeans et chaussures de sport,
Le gourou de la tribu Apple est en tournée à Paris.
C'est le meilleur !
Merci beaucoup.
Et bienvenue à Apple Expo.
Un show façon pop star pour l'un des PDG les mieux payés de la planète,
même s'il déteste en parler.
Le VRP Steve Jobs est venu présenter les dernières livraisons de la marque à la pomme,
avec entre autres en boutique une souris et un clavier sans fil.
Le nouvel iPod, un baladeur digital où l'on peut stocker jusqu'à 10 000 morceaux de musique.
Et la gamme G5, l'ordinateur de bureau le plus puissant du monde.
C'est vraiment cool, hein ?
C'est cool et ça fait 27 ans que cet ancien hippie révolutionne l'univers de monsieur et madame tout le monde.
En 1976, avec le bidouilleur Steve Wozniak, il fonde Apple et invente le premier ordinateur personnel au fond d'un garage en Californie.
L'informatique grand public est née.
Nouvelle révolution en 1984 avec le Macintosh, un ordinateur ultra simple avec deux innovations majeures, la souris et l'interface graphique.
Vous savez le bureau avec les petites icônes.
L'autre passion de Steve Jobs, c'est l'animation.
Avec sa société Pixar, il crée les premiers dessins animés entièrement réalisés avec des images de synthèse.
Le succès est immense.
En 1997, il réveille Apple avec la gamme iMac, des ordinateurs tout en couleur, au design inédit.
On va continuer à innover pour vous. C'est ce qu'on fait, c'est ce qu'on aime faire.
Steve Jobs veut déplacer l'ordinateur du bureau vers le salon pour en faire l'outil principal de consommation et de divertissement de la famille.
Sa dernière cible, la musique.
Le patron New Age espère bien enterrer le vieux CD audio avec son jukebox virtuel, le Music Store.
200 000 chansons à télécharger sur Internet, pour moins d'un dollar le titre.
Merci beaucoup.
Alors, Steve Jobs, après avoir inventé l'ordinateur individuel, la souris, c'est vous qui avez eu l'idée de la souris, c'est vous qui l'avez inventée ?
Non, vous savez, la souris a été inventée il y a environ 5 ans avant que nous lancions la société Airpods.
Wording needs review. Check the recording at this timestamp.
Mais elle coûtait environ 1000 dollars à fabriquer.
Donc ce qu'on a fait, on a appris la fabriquée pour 10 dollars.
Donc tout le monde pouvait avoir une.
Alors aujourd'hui, ce que vous faites, c'est que vous allez révolutionner aussi l'industrie de la musique.
Vous n'y allez pas de main morte.
Vous dites acheter des disques aujourd'hui dans les magasins, ça sera fini demain.
Cette industrie est quasiment condamnée.
D'ailleurs, on va regarder les chiffres de l'industrie musicale aujourd'hui.
Ils sont en baisse avec le piratage, à cause du piratage notamment.
Il baisse de 20% en 3 ans, ce marché.
Et alors vous, vous avez décidé, et je crois que c'est une première,
de mettre un jukebox géant sur Internet où on pourra télécharger nos titres.
Et ce sera légal.
Alors, comment avez-vous eu l'idée déjà ?
On a deux idées sur la musique, en fait.
La première idée, c'est que c'est formidable d'avoir une collection musicale à la maison.
We're not at home.
On n'est pas la maison la plupart du temps.
Ce qu'il faut faire, c'est prendre, emmener avec soi sa collection entière.
Donc on a inventé la façon de le faire avec l'iPod.
Maintenant, vous pouvez faire entrer 10 000 chansons dans cette chose
et la mettre dans votre poche et l'emmener avec vous où que vous allez.
Et c'est vraiment extraordinaire d'avoir votre bibliothèque musicale partout où vous allez.
C'est extraordinaire.
Donc voilà la première idée.
Deuxième idée.
Quand nous avons commencé à nous débarrasser des CD et à conserver électroniquement notre musique,
nous ne voulais plus, à ce moment-là, aller acheter des CD dans les magasins pour obtenir la musique.
Nous, on ne croit pas dans les pirates, dans la piraterie.
On pense que quand on vole de la musique sur Internet, c'est du mauvais karma, ce n'est pas une bonne chose.
Nous, on voulait créer une façon d'avoir une expérience musicale beaucoup plus agréable qu'en volant la musique et à bas prix.
Donc elle a travaillé très bien avec les sociétés musicales.
Ça nous a pris un an et demi pour les convaincre de travailler avec nous.
Et nous, on a réussi.
On pensait, nous pensions qu'en six mois, nous vendions,
nous vendrions un million de chansons par mois.
Et on a vendu en fait un million de chansons par semaine.
Un million de chansons par semaine.
Vous parlez de karma. Vous êtes très sensible au karma.
Je pense que c'est mal de voler ces choses et tout.
Alors aujourd'hui, grâce à ce jukebox géant sur internet, vous dites que vous vendez un million de chansons par semaine, mais on ne peut l'avoir qu'aux Etats-Unis et que si on a un ordinateur de votre compagnie.
Alors, est-ce que demain ça va arriver en France ? Est-ce que déjà premièrement on va l'avoir en France, la possibilité de télécharger directement sur ce jukebox sa musique ?
La première chose que nous faisons, nous l'amenons à Windows aux Etats-Unis pour la fin de cette année. Donc tout le monde aux Etats-Unis pourra en disposer.
Nous voulons ensuite l'amener en Europe. Hier, nous voulions déjà faire ça.
Le problème, c'est que les sociétés d'édition musicale, les compagnies musicales,
nous travaillons avec elles pour obtenir les droits pour l'Europe.
Je pense que l'année prochaine, absolument, nous pourrons l'amener en Europe.
Mais le problème est le suivant.
Par exemple, les chansons qui sont distribuées en Grande-Bretagne
pourraient être publiées par une compagnie musicale
et la même chanson sera publiée par une autre société en France.
Donc c'est un peu fou tout ça, et on a besoin de trier tout ça.
C'est ce qu'on fait.
C'est vrai que c'est un marché compliqué.
Comment ont réagi les grandes compagnies de musique,
parce qu'elles ont peur peut-être qu'on n'achète plus les albums demain dans les magasins ?
Elles ont bien réagi à votre projet, parce que c'est beaucoup moins cher aujourd'hui,
en téléchargeant pour un euro un titre par rapport à un album que vous achetez à 20 ou 30 euros ?
Vous savez, ce qui les inquiétait, c'était une chose.
C'est-à-dire que si nous ne vendions que des chansons individuellement, c'est comme ça que l'industrie musicale a commencé par les singles, mais si on vendait uniquement des chansons individuellement, les albums disparaîtraient.
Voilà, là c'est ça qui les inquiétait essentiellement.
Mais quelque chose d'intéressant est arrivé.